Introduction à l’anarcho-syndicalisme

Voici un court texte d’introduction à l’anarcho-syndicalisme. À télécharger et à imprimer sur du papier format  »légal ». Bonne lecture!

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Si ce texte vous intéresse, nous vous invitons à consultez cette introduction audio de la CNT-AIT (environ 30 minutes). Il y a aussi Un sabot dans la machine (environ 2h15min) qui consiste en une présentation audio de l’anarcho-syndicalisme par un militant de la Confédération Nationale du Travail (CNT-f, France).

Texte:

Les origines de l’anarcho-syndicalisme

L’anarcho-syndicalisme est d’abord né d’une pratique syndicale remontant à la fin du 19e siècle incarnée dans l’aile anti-autoritaire de la première Association Internationale des Travailleurs (AIT). Après avoir été exclue de l’AIT par Marx, cette tendance créa la Fédération Jurassienne en Suisse, véritable internationale anti-autoritaire. Du côté de la France, les anarchistes se mettent à s’impliquer dans le mouvement ouvrier via les Bourses du Travail et la Confédération Générale du Travail. À cette époque on ne parle pas encore d’anarcho-syndicalisme, mais de syndicalisme révolutionnaire. Ce courant regroupe tant les anarchistes que les marxistes.

Le terme  »anarcho-syndicalisme » même est par la suite apparu en Russie en 1907 sous la plume de Novomirsky. Ce mot a été utilisé en 1922 en France comme insulte au sein du syndicat Confédération Générale du Travail Unitaire (CGTU) par le bolchévique Lozovski afin de dénigrer la minorité qui ne désirait pas que ce syndicat adhère à l’International Syndicale Rouge (ISR) de Moscou.

C’est d’ailleurs en opposition à l’ISR qu’est créé en 1922 l’Association Internationale des Travailleurs (dite AIT anarcho-syndicaliste). Depuis ce temps, plusieurs organisations ou groupes se revendiquant de l’anarcho-syndicalisme ont continué d’exister, ou se sont créés, sans pour autant toujours appartenir à l’AIT anarcho-syndicaliste.

C’est quoi l’anarcho-syndicalisme concrètement?

L’anarcho-syndicalisme est un moyen de s’organiser en tant que classe sociale exploitée économiquement (le prolétariat) afin de lutter contre les oppressions, l’État et le capitalisme.

En luttant ainsi sur une base quotidienne, il s’agit d’améliorer nos conditions d’existence au jour le jour dans le cadre d’une économie capitaliste. Une panoplie de tactiques et de pratiques s’offrent à la classe ouvrière et opprimée afin d’améliorer son sort.

Par contre, là où les anarcho-syndicalistes se distinguent des syndicalistes révolutionnaires qui se veulent « neutres politiquement », c’est en mettant de l’avant un projet de société complètement émancipé à la fois d’une classe sociale qui nous gouverne et qui nous exploite que des oppressions spécifiques. Comme les moyens conditionnent la fin, ils s’agit de s’organiser ici et maintenant en concordance avec la société que l’on désir voir naître demain: démocratie directe avec mandats impératifs, fédéralisme, etc.

L’anarcho-syndicalisme a donc comme fin le communisme libertaire. Il s’agit d’une société émancipée des oppressions, du capitalisme et de l’État. Il n’y aurait donc ni gouvernement qui gère l’économie capitaliste (capitalisme d’état), ni économie de libre marché. La production, la demande et la distribution de l’économie seraient assurés tant par des fédérations de syndicats autogérant les milieux de travail que par des comités territoriaux autonomes, des communes libres. L’économie devient alors réellement au service des besoins des humains.

Est-ce que c’est possible? Cela s’est concrétisé lors de la guerre civile espagnole, particulièrement dans la région de l’Aragon. C’est pour ce projet de société que nous nous organisons.

Comment atteindre le communisme libertaire?

Traditionnellement, les anarcho-syndicalistes disent que c’est la grève générale expropriatrice qui permettra aux exploité.e.s de se libérer du joug des exploiteurs capitalistes et de l’État. Or il ne suffit pas de se croiser les bras et de faire grève pour qu’arrive auto-magiquement le communisme libertaire. Lors du 20e siècle, les groupes anarcho-syndicalistes qui ont eu le plus de succès à implanter le communisme libertaire étaient les comités de base de la CNT et les collectivités autonomes en Aragon en 1936. On croit donc qu’il ne s’agit pas de lutter au jour le jour pour des améliorations immédiates, comme on pourrait le croire en pratiquant un syndicalisme « pure » ou « neutre ». Il est nécessaire de joindre à l’organisation syndicale immédiate une finalité révolutionnaire qui structure aujourd’hui l’organisation sociale et économique de demain.

L’anarcho-syndicalisme aujourd’hui

Dans le passé, les organisations anarcho-syndicalistes pouvaient être influencées par différentes tendances allant du « finalisme révolutionnaire » d’un Emilio López Arango (FORA – Argentine) au réformisme libertaire d’un Evert Arvidsonn (SAC – Suède). Aujourd’hui encore, les organisations anarcho-syndicalistes sont variées et de différentes tendances.

Dans tout ce panorama, il convient surtout de réfléchir à la pertinence de la pratique anarcho-syndicaliste aujourd’hui. En plus de la lutte pour le maintient du salaire réel ( relatif au pouvoir d’achat ) viennent aujourd’hui s’ajouter dans la même organisation syndicale des luttes qui touchent la classe ouvrière dans son ensemble : logement et quartiers, consommation, chômage, réduction du temps de travail sans perte de salaire, éducation, soins de santé, statu légal/migration, travail domestique, etc.

Dans le même sens, les syndicats anarchistes s’avèrent aussi être des outils pour faire disparaître les oppressions structurelles et spécifiques tels que le colonialisme, le patriarcat, la destruction systématique de l’environnement, l’oppression des LGBTQ+, le militarisme, etc.

L’importance de la diffusion des idées anarcho-syndicalistes

Dans ce contexte, le Collectif d’éducation et de diffusion anarcho-syndicaliste (CEDAS) souhaite propager les idées et pratiques anarcho-syndicalistes le plus largement possible dans un esprit d’éducation populaire. En retour, si ces idées vous intéressent, nous vous encourageons à former vos groupes anarcho-syndicalistes autonomes et/ou à vous mettre en réseau avec nous afin que nous puissions générer collectivement des changements dans les pratiques et les théories révolutionnaires de notre classe. Concrètement nous fonctionnons sur la base de l’initiative individuelle et l’entraide collective dans différents projets de traduction, de recherche, d’étude, de rédaction, de diffusion de matériel physique et virtuel, etc.

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